Animaux de la forêt boréale de la rivière Magpie
5 créatures que vous pourriez voir entre deux coups de pagaie lors de votre voyage en eau vive
Écrit et illustré par Ty Smith, guide du BR
Malgré l’éloignement de l’activité humaine, vous ne vous sentirez jamais seul lors d’une aventure sur la rivière Magpie. De nombreux animaux impressionnants et robustes ont élu domicile dans la campagne environnante. D’épaisses forêts boréales bordent la rivière, créant de sombres ombres protectrices. Pendant que nous flottons, il n’est pas difficile d’imaginer que plusieurs paires d’yeux observent nos étranges embarcations à bulbe.
Pour repérer ces habitants de la forêt bien camouflés, il faut une vue perçante et un peu de chance. Même avec des animaux aussi gros que l’ours noir et le caribou. C’est pourquoi il s’agit d’un moment privilégié, chaque fois que nous les apercevons (et espérons-le, les prenons en photo).
Pour vous permettre de mieux connaître les animaux de la Magpie, nous avons mis en évidence 5 de nos préférés. Espèces clés de la forêt boréale, elles contribuent à rendre l’écologie de la rivière Magpie si fascinante.
Caribou (Rangifer tarandus)

Innu : Atiku
Français : Caribou
Habitat et aire de répartition : Toundra et forêts de conifères (surtout « boréales ») au Canada, en Alaska et dans certaines zones du nord de l’Idaho.
Alimentation : Selon la saison, le caribou se nourrit de carex et d’herbes, de feuilles d’aulne, de champignons, de lichens (surtout en hiver), de chatons de saule, de linaigrettes, de prêles et de bouleaux nains.
Fait amusant : pour s’adapter à l’obscurité de l’hiver nordique, le caribou est capable de voir la lumière ultraviolette. Cela leur permet de percevoir visuellement des choses que les autres animaux (y compris les humains) ne peuvent pas percevoir, comme l’urine des prédateurs. Il peut également voir le lichen, qui absorbe les rayons UV, sous forme de taches plus sombres dans le paysage enneigé de l’hiver. Cette capacité confère au caribou un avantage concurrentiel qui lui permet d’éviter les rencontres avec des carnivores comme le loup gris et de trouver de la nourriture lorsqu’elle est rare ou cachée.
Castor (Castor canadensis)

Innu : Amishku
Français : Castor
Habitat et aire de répartition : Marais, étangs et cours d’eau dans tout le Canada, en Alaska et dans tous les États-Unis, à l’exception de la Floride et des régions arides du sud-ouest.
Alimentation : Le castor se nourrit essentiellement d’écorce d’arbre et du tissu mou situé sous l’écorce, appelé cambium. Cependant, il mange également des plantes aquatiques, des bourgeons et des racines. S’il a le choix de l’écorce, le castor préfère le bouleau, l’aulne, le saule, le tremble, le peuplier, l’érable, le hêtre et le peuplier deltoïde.
Fait amusant : les castors ont des lèvres qui peuvent se refermer derrière leurs dents de devant acérées comme des ciseaux. Cela leur permet de déplacer et de mâcher du bois sous l’eau sans se prendre les pieds dans la bouche (comme des échardes).
Lynx (Lynx canadensis)

Innu : Pishu
Français : Loup-cervier, Lynx
Habitat et aire de répartition : Forêts de conifères au Canada, en Alaska, aux États-Unis à la frontière du Canada et au sud des montagnes Rocheuses jusqu’au Colorado.
Régime alimentaire : Le lynx est un chasseur très spécialisé, le lièvre d’Amérique, sa proie de prédilection, représentant environ 75 % de son régime alimentaire. Le reste de son régime alimentaire comprend des petits rongeurs comme les campagnols des champs, des oiseaux comme les tétras et les lagopèdes, des charognes et parfois de grands herbivores comme les caribous et les cerfs.
Fait amusant : les différentes populations de lynx ont des formes et des apparences différentes en fonction des conditions climatiques. Les lynx des régions plus septentrionales, qui doivent faire face à une neige épaisse pendant de plus longues périodes, ont une coloration plus claire, une fourrure plus épaisse et des pattes plus grandes et plus rembourrées que ceux des régions plus méridionales. Dans certains cas, leurs pattes, qui les aident à rester à la surface de la neige épaisse, sont plus grandes que les pieds d’un humain adulte.
Loup gris (Canis lupus)

Innu : Maikan
Français : Loup
Habitat et aire de répartition : Forêts de conifères et de feuillus dans tout le Canada, en Alaska et à la frontière nord des États-Unis.
Alimentation : Les loups gris se nourrissent exclusivement de viande. En chassant en meute, ils sont capables de tuer de gros animaux comme l’orignal, le caribou, le cerf, le bison, l’élan et le bœuf musqué. Des animaux plus petits comme les lièvres, les castors, les petits rongeurs et les gélinottes complètent leur régime alimentaire.
Fait amusant : bien adaptés aux fêtes et famines périodiques de la nature, les loups gris sont capables de jeûner entre les repas pendant deux semaines sans nuire à leur santé. À l’inverse, après avoir tué un grand nombre de bêtes, les loups gris peuvent manger jusqu’à 30 livres en une seule fois.
Ours noir d’Amérique (Ursus americanus)

Innu : Mashku
Français : Notre
Habitat et aire de répartition : Forêts et marécages boisés au Canada, aux États-Unis, en Alaska et dans le nord du Mexique.
Alimentation : L’ours noir est omnivore et se nourrit de fruits, de noix, de baies, d’insectes, de poissons, de petits mammifères, de charognes et de miel. Dans de rares cas, il s’attaque aux jeunes orignaux et aux cerfs. Son nez sensible lui permet de trouver de la nourriture sur de grandes distances et dans des endroits moins évidents (comme les colonies de fourmis cachées dans des troncs pourris).
Fait amusant : en automne, les ours noirs peuvent passer jusqu’à 20 heures par jour à chercher de la nourriture. Pendant cette période, il augmente son poids de 35 %, accumulant ainsi des réserves de graisse pour survivre au long hiver.
Créature bonus : Omble de fontaine (Salvelinus fontinalis)

Innu : Matameku
Français : Truite mouchetée, Omble de fontaine
Habitat et aire de répartition : Originaire de l’est de l’Amérique du Nord, au Canada et aux États-Unis, il a été introduit en Europe, en Asie et ailleurs en Amérique du Nord. L’omble de fontaine est à l’aise dans tous les types d’eau douce claire, y compris les rivières, les ruisseaux, les lacs et les étangs de printemps. C’est aussi, et de loin, le poisson le plus souvent remonté sur la rivière Magpie.
Alimentation : Dans sa jeunesse, l’omble de fontaine se nourrit principalement de petits insectes. Une fois qu’il a atteint la maturité, son régime alimentaire s’élargit pour inclure des vairons et d’autres petits poissons « appâts », des vers, des escargots et toute une gamme d’insectes aquatiques.
Faits amusants : L’omble de fontaine n’est en fait pas une truite, mais un type d’omble (bien qu’il s’agisse de l’omble qui ressemble le plus à une truite). Il peut vivre jusqu’à 9 ans, tout en atteignant près de 3 pieds et 14 livres.
Que faire si vous voyez un de ces animaux ?
Étape 1 : Restez calme
Ne paniquez pas. Pour ne pas effrayer le sujet potentiel de votre séance photo, il est essentiel de rester calme et de garder son sang-froid.
Étape 2 : Évaluer tranquillement la situation
Si vous êtes sur un radeau, attirez « furtivement » l’attention de votre guide pour qu’il puisse diriger le radeau à la distance et à l’angle parfaits. Il pourra ainsi calmer le reste de l’équipage. Il en va de même si vous êtes dans une armada de radeaux. Sauf que c’est vous qui devez pagayer avec précision.
Si vous êtes à terre, évaluez la situation pour votre propre sécurité et celle des autres. Attirez ensuite l’attention d’un guide pour qu’il vérifie votre évaluation et réunisse d’autres amoureux de la nature.
Il est bon d’avoir un signal prédéterminé mais discret (comme le bruit d’un tamia) qui permet à votre équipe de savoir ce qui se passe.
Étape 3 : Restez en sécurité
Si vous êtes trop près de l’animal ou sur son chemin, laissez-lui calmement de l’espace. Gardez un œil sur l’animal pour juger de sa réaction.
Si vous êtes sur l’eau, il n’est généralement pas difficile de s’enfuir rapidement. Surtout avec l’aide du courant.
Si vous êtes sur la terre ferme, vous pouvez donner de l’espace en marchant calmement vers votre camp de base. De là, si l’animal a besoin d’encore plus d’espace (par exemple, s’il est très curieux ou turbulent), vous et votre équipe pouvez vous échapper rapidement sur l’eau à l’aide d’un radeau ou d’une embarcation (en restant toujours près du bord de l’eau).
Cependant, dans la plupart des cas, c’est l’animal sauvage qui sera effrayé par un groupe de rafteurs nombreux et turbulents.
Étape 4 : Observez les merveilles de la nature !
Une fois que vous êtes à bonne distance, sortez silencieusement votre appareil photo et déclenchez. Vous pouvez aussi vous contenter d’observer un animal sauvage dans son habitat naturel.
Pour l’omble de fontaine, il est probablement préférable d’affiner votre jeu de pêche et de remonter l’omble de fontaine si vous voulez l’observer de plus près et prendre une photo.
Si vous remarquez une créature pendant votre vol, vous pouvez probablement passer directement à l’étape 4… et en parler aussi fort que vous le souhaitez.
Vous voulez faire l’expérience directe de ces animaux de la forêt boréale ? Rejoignez-nous cet été lors de la Magpie River Adventure ou de la Magpie Packraft Expedition.